Publications

Regards sur la Slovénie

10 mai 2021

Cette rubrique est composée de deux parties  : une note rédigée par Enerdata et le Trilemme de l’énergie de la Slovénie, issu des travaux du Conseil Mondial de l’Énergie.

Politique énergétique

La Slovénie est devenue membre de l’Union européenne en 2004. Les autorités entendent faire passer la part des énergies renouvelables dans la consommation finale à 27% en 2030 (22% en 2019), dont 43% pour l’électricité (32,6% en 2019), 41 % pour le chauffage et la climatisation (32,2% en 2019) et 21% pour les transports (8% en 2019). En mars 2021, le ministère des infrastructures a lancé une consultation sur le projet de stratégie nationale de restructuration des régions charbonnières, proposant une sortie progressive du charbon d’ici 2033.

Le gouvernement slovène prévoit d’améliorer l’efficacité énergétique de 35% en 2030 par rapport à un scénario de référence établi en 2007. Le pays ambitionne également de plafonner la consommation d’énergie primaire à 6,4 Mtep et la consommation d’énergie finale à 4,7 Mtep en 2030 et de réduire la consommation d’énergie finale dans les bâtiments de 20% d’ici 2030 par rapport à 2005.

Le pays s’est fixé pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% en 2030 et de 80 % en 2050 par rapport à 1990. Le texte de loi qui inclut ces objectifs doit encore être finalisé. Les émissions de CO2 liées à l’énergie sont stables depuis 2016 à environ 14 MtCO2 (13 MtCO2 en 2019). Précédemment, elles ont diminué au rythme de 4,6%/an entre 2008 et 2014.

Situation énergétique

La consommation par habitant s’élève à 3,3 tep (8% de plus que la moyenne de l’UE en 2019), tandis que la consommation d’électricité par habitant atteint 6 600  kWh (20 % de plus que la moyenne de l’UE en 2019). La consommation totale de la Slovénie a légèrement diminué depuis 2017 (- 1,1%/an) pour s’établir à 6,8 Mtep en 2019. Le pétrole compte pour 34% du total, suivi de l’électricité (29%), du lignite (16%), du gaz et de la biomasse (11% chacun). Depuis 2010, le poids relatif du lignite a diminué de 6 points de pourcentage au profit de l’électricité primaire.

Le mix électrique de la Slovénie est dominé par le nucléaire (36% de la consommation en 2019), suivi de l’hydroélectrique (29%), qui présente une forte variabilité, et du lignite (28%). La part de la production électrique décarbonée atteint 67% (2019). La capacité installée du pays s’établit à 3,8 GW, dont 35% d’hydroélectrique, 26% de lignite, 18% de nucléaire, 12% de gaz et 7% de solaire (fin 2020). La centrale nucléaire de Krško (688 MW, mise en service en 1983), gérée conjointement avec la Croatie, a été autorisée à fonctionner pour 60 ans, jusqu’en 2043.

Seule la mine de lignite de Velenje demeure en activité en raison d’un contrat d’approvisionnement de la centrale électrique de Šoštanj jusqu’en 2054. La mine de charbon de Trbovlje a été fermée en 2013. Le pays est entièrement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en gaz naturel, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de l’Autriche. Par le passé, la Slovénie a importé du gaz algérien via l’Italie de 1992 à 2012. La production de lignite stagne à environ 3 Mt/an depuis 2014.

Perspectives

Selon le plan de développement 2019-2028 du gestionnaire de réseau de transport d’électricité ELES, la demande d’électricité devrait augmenter de 1,1% à 1,8%/an, ce qui nécessite une augmentation de 350 MW de la capacité installée d’ici 2028.

La compagnie publique d’électricité Gen Energija envisage la construction d’un deuxième réacteur nucléaire de 1 100-1 600 MW sur le site de Krško. Cependant, le projet n’a pas progressé en raison de la prolongation de la licence d’exploitation de Krško-1 jusqu’en 2043 et de l’augmentation des coûts (de 2-5 milliards d’euros à 6-8 milliards d’euros en raison d’exigences de sécurité supplémentaires). Le gouvernement doit décider de l’opportunité de construire un deuxième réacteur d’ici 2027. Par ailleurs, DEM, filiale de l’entreprise électrique publique HSE, prévoit de construire une centrale de pompage-turbinage de 420 MW à Kozjak. Elle doit normalement être opérationnelle d’ici 2025.

Selon les dernières prévisions du gestionnaire de réseau de transport de gaz Plinovodi, la demande de gaz devrait augmenter de 1,6%/an en moyenne entre 2021 et 2030. Cette hausse serait portée par la production d’électricité (+ 4,3%/an), suite à la mise en service de la centrale TE-TOL (139 MW) en 2021. La consommation de gaz dans l’industrie et les autres secteurs devrait légèrement augmenter (+ 1,3%/an dans l’industrie, + 1%/an pour les autres secteurs). La construction d’un terminal GNL à Koper, annoncée en 2010, a été annulée car le pays prévoit d’importer du gaz via le futur terminal GNL de Krk en Croatie.

 

Figure 1: Évolution de la consommation d’énergie primaire

Évolution de la consommation d’énergie primaire

Source : Enerdata, Global Energy & CO2 Data

 

Figure 2. Évolution de la capacité installée

Évolution de la capacité installée

Source : Enerdata, Global Energy & CO2 Data

 


Vous souhaitez devenir un expert en matière d'enchères d'énergies renouvelables ?

Découvrez notre base de données d'enchères d'énergies renouvelables. Très détaillée et régulièrement mise à jour, elle possède une couverture mondiale et se base sur une approche technique soutenue par des recherches universitaires.

Grâce à notre service sur les enchères d'énergies renouvelables, vous pourrez suivre les ventes aux enchères au niveau mondial. Son périmètre (en expansion) inclut notamment tous les principaux pays du G20 et offre un suivi particulièrement fin pour l'Europe et l'Amérique du Sud.